Une consultation du public a été menée entre le 7 juillet et le 4 août dernier au sujet d’un projet mené par la société BIOGAZ DU VALOIS, domiciliée à Ver-sur-Launette. Vous pouvez retrouver toutes les pièces du dossier sur le site de la préfecture de l’Oise :

https://www.oise.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement/Les-installations-classees/Procedure-d-enregistrement-ou-d-autorisation-temporaire-consultation-du-public/SAS-BIOGAZ-DU-VALOIS-EVE

Ce projet consiste en :

  • l’augmentation de la capacité de traitement d’un méthaniseur déjà existant (implanté au lieu-dit « La Greurie » – 60 330 EVE), jusqu’à 22 200 tonnes par an, soit 60,8 tonnes par jour ;
  • l’épandage des digestats sur 18 communes de l’Oise et de la Seine-et-Marne ;
  • la construction d’une lagune de stockage déportée sur la commune d’Eve.

Les communes concernées par le plan d’épandage sont les suivantes :

  • Mortefontaine, Ver-sur-Launette, Ermenonville, Montagny-Sainte-Félicité, Ève, Lagny-le-Sec, Le Plessis-Belleville dans le département de l’Oise ;
  • Othis, Dammartin-en-Goële, Douy-la-Ramée, Juilly, Montgé-en-Goële, Moussy-le-Neuf, Moussy-le-Vieux, Nantouillet, Saint-Mard, Saint-Pathus et Thieux dans le département de la Seine-et-Marne.

A titre d’information, l’APEPP relaie ci-dessous l’avis exprimé par le conseil municipal de Mortefontaine :

« Consultation publique relative à l’épandage du méthaniseur sur Éve entre le 7 juillet et le 4 août 2022

La population de Mortefontaine est avisée qu’une consultation du public est en cours entre le 7 juillet et le 4 août 2022. Elle vous est présentée après ce texte.

De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qu’un méthaniseur ?

Un méthaniseur est installé à Eve et souhaite épandre ces rejets sur les champs autour de Montaby.

La méthanisation consiste à mélanger les déjections animales, les cultures dites intermédiaires (maïs, avoine, orge, etc.), et les résidus céréaliers dans un digesteur. Cette mixture est chauffée et du méthane se dégage de cette grosse marmite. 65 tonnes d’apport sont nécessaires chaque jour pour une masse de 22 000 tonnes de matière.

Ce qui sort du digesteur est appelé « digestat » : un concentré d’azote, de phosphore et de micro-organismes qui seront ensuite épandus sur les terres en guise d’engrais

On parle de biogaz ? Pourquoi ?

On peut parler de « dimension écologique » quand l’unité de méthanisation est adaptée à l’exploitation agricole pour ses besoins propres (fumier, seul) et sans production agricole dédiée (maïs ou autres CIVE). Dans le cas du méthaniseur de Eve, il s’agit d’industrialiser le processus, c’est à l’encontre de la préservation de notre environnement. Les cultures intermédiaires CIVE sont indispensables pour nourrir le méthaniseur. Faudra-t-il en plus les arroser alors que nous manquons d’eau ?

Une échelle désormais industrielle :

La commune d’Eve, qui n’appartient pas au Parc Naturel Régional a autorisé la construction d’un méthaniseur. Depuis et c’est très souvent le cas, le méthaniseur va s’agrandir pour produire toujours plus de gaz méthane, injecté dans le réseau, le même que vous brulez chez vous. Une telle installation est hautement rentable (temps de retour brut : 6,7 ans) mais ne rapporte rien au territoire. Nous n’y voyons que des inconvénients :

Les trois rivières concernées par ces épandages (Thève, Launette et Nonette) sont déjà largement polluées par les pratiques d’une agriculture moderne,

Les zones d’épandage autour de Montaby sont en amont ou mitoyenne de la zone Natura 2000 du massif des 3 forêts, du bois de St Laurent classé zone ZNIEFF2 (zone naturelle intérêt écologique faune et flore) et de la zone humide majeure des confluents de l’Oise,

La proximité de la Thève en aval des zones d’épandage est une source de pollution aux nitrates et au phosphore de tous les étangs en aval de la Ramée, de l’Épine, de Saint André et de Commelles,

En matière de protection de l’environnement et en particulier de l’eau, le rapport de Biogaz du Valois est volontairement peu précis, il veut ignorer le rapport SDAGE en cours qui impose une diminution stricte des apports et donc de la pollution,

Les boues et les rejets solides dégagent une odeur certes moins forte que les lisiers mais tout aussi gênante, rien n’est dit sur les méthodes choisies pour l’épandage, sera-t-il en surface ou enfoui ?

Mortefontaine possède l’environnement le plus riche du Parc Naturel Régional (PNR) en matière de milieu humide. Pourquoi le sacrifier à une agriculture toujours moins respectueuse de notre environnement ?

Ce que veulent les agriculteurs porteurs de projet, c’est finalement un permis de polluer pour les 50 prochaines années. Aujourd’hui, rien n’est mis en œuvre pour dépolluer ces rivières. Et pourtant, l’eau est au centre de toutes nos préoccupations.

Tout ceci paraît très dérisoire compte tenu des enjeux. Des études complémentaires doivent être menées pour connaître l’impact réel de la pollution agricole actuelle et à venir sur les milieux humides de notre territoire et notre environnement proche.

La vraie question à se poser : Comment sortir de cette spirale de pollution ?

Dans ces conditions et compte tenu de l’absence de réponse au défi de la pollution des sols et des rivières, le Conseil Municipal de Mortefontaine s’oppose fermement à tout épandage de digestat sur son territoire et en particulier autour de Montaby qui est une zone très sensible en matière d’environnement.

Le Conseil municipal souhaite que les apports d’engrais soient limités, les pratiques encore améliorées dans le but de remplir les objectifs de l’agence de l’eau et dépolluer nos rivières et nos étangs. » 

L’APEPP vous propose également de relire des articles concernant l’épandage du CALCIFIELD de la société GREENFIELD, et sur les nuisances olfactives de la société TERRALYS :

*** VIGILANCE APEPP *** Le « CALCIFIELD » de la Société GREENFIELD SAS
*** VIGILANCE APEPP *** : Le CODERST autorise l’épandage du CALCIFIELD de la société GREENFIELD, allant à l’encontre du Conseil Municipal de Plailly…
La vérité sur les nuisances olfactives liées au compostage : l’exemple d’Ermenonville – un cas d’école